Association loi 1901, créée en 2009 (contact@noulekapab.com)
24 Mars 2012
La présidente de l’Agorah, Fabienne Couapel-Sauret, vice-présidente de la Région,compte remplacer son directeur Philippe Jean-Pierre par une personne de métropole. Une décision qui fait désordre d’autant que Didier Robert, président de la Région, a annoncé en début d’année, sa volonté de faire avancer les choses en matière d’emploi local.
L’agence pour l’observation de l’aménagement et l’habitat de La Réunion (AGORAH) est une instance partenariale dont la Région, le Département et l’Etat sont des membres de Droit. Philippe Jean-Pierre, professeur réunionnais, était à la direction de l’AGORAH et a démissionné. Mais il a visiblement été poussé vers la sortie : un geste purement politique, puisque Philippe Jean-Pierre est conseiller régional dans le groupe de l’Alliance. Et c’est une personne venue de l’extérieur, Mireille Rius, qui a été nommée comme nouvelle directrice de l’AGORAH par Fabienne Couapel-Sauret (ex-élue RPR à la mairie de Béziers). "N’y aurait-il pas de Réunionnais apte à diriger une telle agence ?", s’interrogent plusieurs interlocuteurs dénonçant cette "préférence métropolitaine". Mme Rius doit prendre ses fonctions le 16 avril. Il y avait pourtant trois Réunionnais dans les candidats à ce poste ? Beaucoup voient "un sacré pied de nez" aux discours du président de Région sur la préférence régionale. "On y aurait presque cru quand le président UMP de la Région Réunion nous annonçait poing levé en ce début d’année sa volonté de faire avancer les choses en matière d’emploi local. Bien malheureux celui qui aura cru car, après les paroles, les actes", fait remarquer l’AJFER (Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à la Réunion).
PROVOCATION
Face à l’accueil de cette nouvelle directrice, venant tout droit de métropole, l’AJFER affirme que "les candidatures, les compétences et les qualifications locales ne manquent pas sur l’île pour occuper cette responsabilité". Elle ironise : "A diplômes et compétences égales, les Réunionnais formés par l’école de la République ne feraient donc pas l’affaire !" L’AJFER rappelle qu’elle demande depuis des années, "qu’à diplômes et compétences égales, la priorité soit donnée aux Réunionnais dans l’embauche locale et cette revendication est exigée d’une part, face à la pénurie d’emplois qui frappent notre île et d’autre part, parce que l’émancipation et le développement de notre île ne peut se faire sans son peuple". Elle parle de" provocation" dans cette affaire. "Ça suffit les belles promesses sans lendemain. Que le ou la dirigeant(e) qui n’a pas pour préoccupation première l’emploi des Réunionnaises et des Réunionnais s’en aillent !" L’AJFER demandera un entretien avec la présidente de l’AGORAH afin de faire toute la lumière sur ce dossier et se réserve par ailleurs le droit de "mener des opérations sur place afin de dénoncer cette confiscation traditionnelle de l’emploi aux Réunionnaises et aux Réunionnais". "
Juliane Ponin-Ballom. Journal de l'île de la Réunion, 24 mars 2012