NOU LÉ KAPAB

Association loi 1901, créée en 2009 (contact@noulekapab.com)

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Des faits-divers et de leur traitement dans la presse locale, mais que faisons-nous du pourquoi?

Certaines personnes l’évoquent régulièrement, la presse s’en donne à cœur joie mais finalement, même si nous en parlons souvent, nous ne prenons surement pas la pleine mesure de ce que cela représente. Les faits sont relatés et non analysés, appelés communément « faits divers », inscrits aux premières pages de nos quotidiens locaux à l’exception de Témoignages (ouf !), ces véritables drames sociaux sont nos lots quotidiens d’informations. C’en est à se décourager d’aller chercher une once d’information qui nous permettrait de comprendre un peu mieux le contexte au sein du quel nous évoluons.

 face a l'actu

Pour mieux comprendre, rien de mieux que quelques chiffres, sur seulement une semaine ! Ainsi, dans un de nos journaux, il y a eu cette semaine, 104 articles dans l’unique rubrique « Faits-divers ». A titre de comparaison, la rubrique « Société » (où on met un peu de tout quand même) compte autant d’article, la rubrique « Politique » compte 53 articles dont une quarantaine relatifs aux élections cantonales et la rubrique « Economie » compte 26 articles.

 

Au-delà de l’aspect quantitatif, il est encore plus intéressant de voir le côté qualitatif. Cette semaine, à la Réunion, petit bout de terre dans l’Océan Indien, qui compte 800 000 habitants, il a été question de : chute, détournement, agression, ivresse, multirécidiviste, claques, crashe, accident, plainte, fraude, guerre, harcèlement moral, agresseur sexuel, peine, esclavagistes, noyade, prison, erreur, redressement judiciaire, vol, parricide, meurtre, cambriolage, feu, détenu, viol, contrôle judiciaire, tireur, incendiaire ou encore fusil de chasse…

 

Autant dire que les réunionnaises et les réunionnais qui sont encore en vie sont plutôt des chanceuses et des chanceux, à voir tout ce qu’il s’y passe et ont un moral de fer, à supporter tout cela, chaque jour.

 

Plus sérieusement, le rôle des médias dans la fabrication de l’opinion publique est connu et reconnu. Alors comment espérer la paix au sein d’un peuple, la justice ou encore l’espoir d’une population quand nous est offert autant de fois que le soleil se lève, de si tristes nouvelles ?

 

Comment inciter la population et notamment les jeunes à s’engager pour un monde meilleur quand l’actualité de son pays se résume quasiment uniquement à des articles morbides ?

 

Comment espérer un quelconque changement dans notre société par une évolution des mentalités, une indignation, un engagement quand on se contente de relater des faits conséquences de causes qui restent sous silence ou qui ne sont pas explicitées comme liées.

 

Comment, face aux maux que traverse notre société, espérer pouvoir s’en sortir lorsque ces phénomènes finissent par s’inscrire dans la banalité et ce parce qu’à aucun moment nous nous posons la question du « pourquoi ? ».

 

La question de l’emploi entre autre condition de la dignité humaine, le rôle de l’éducation, de la télé, d’internet, du cinéma,  l’apprentissage des valeurs qui aujourd’hui font immanquablement défaut.

 

LEPERLIER Béatrice

http://www.facebook.com/notes/b%C3%A9atrice-leperlier/des-faits-divers-et-de-leur-traitement-dans-la-presse-locale-mais-que-faisons-no/10150121694157713

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