Association loi 1901, créée en 2009 (contact@noulekapab.com)
29 Juin 2010
ANALYSE DE L’AJFER SUITE AU BILAN DES ETATS GENERAUX
Historique
(Eddy DIJOUX)
Le mouvement de la jeunesse est né au travers des manifestations lycéennes et étudiantes qui ont secoué la fin de l’année 2008 pour les uns ainsi que le début de l’année 2009 pour les autres.
Les jeunes, lycéens et étudiants se sont mobilisés en masse afin de contester les mesures prises par le gouvernement de Nicolas Sarkozy. La jeunesse a tenu à affirmer son opposition face à ce gouvernement qui n’apporte aucune réponse concrète à ses préoccupations.
Puis, au vue de la situation sociale désastreuse dans notre département, il y a eu la création du COSPAR en Février 2009. Il est important de souligner le fait que les jeunes aient joué un rôle majeur au sein de ce collectif. Par ailleurs, il est à rappeler que ce sont deux jeunes, qui, le 5 Mars 2009 ont pris la parole devant des milliers de personnes dans le Nord comme dans le Sud afin d’exprimer les attentes du collectif.
Après les manifestations monstres qui ont réuni des dizaines de milliers de personnes dans les rues, le Président de la République décida de la tenue des Etats Généraux dans les DOM afin de faire un constat de la situation qui permettrait ensuite au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour répondre à l’urgence sociale qui sévit dans les départements d’Outre Mer.
Le COSPAR a fait le choix de ne pas participer aux Etats Généraux, néanmoins, la jeunesse, soucieuse de son avenir, a fait le choix, en juillet dernier, de prendre ses responsabilités et d’apporter sa contribution à ses Etats Généraux en se regroupant autour du « collectif jeune pour les états généraux ».
Après plusieurs réunions dans toute l’île, à la rencontre de tous les jeunes est né le projet « Nou lé kapab ! 1000 projets pour les jeunes réunionnais» (ci-joint).
La synthèse de ce projet fut également remis à Monsieur le premier ministre François Fillon lors de sa visite dans notre département en Juillet dernier.
Eu vue de la synthèse réalisée par les rapporteurs des Etats Généraux, nous nous sommes aperçut qu’aucune de nos propositions n’ont étaient retenues.
Et c’est de ce constant alarmant que les jeunes ont décidé de se donner les moyens et les outils de se faire entendre et de défendre leur projet en créant un grand mouvement de jeunesse : l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion.
De ce fait, le mardi 27 Octobre dernier, nous décidions d’envoyer une lettre au Président de la République ainsi que notre projet afin de lui rappeler les aspirations de la jeunesse réunionnaise.
Par la suite, nous avons décidé d’établir le contact avec la population par le biais des médias et des distributions de tracts afin de peser sur les décisions du chef de l’Etat en donnant la priorité à l’embauche des réunionnais (voir tract ci-joint).
Le message que nous portons est clair, nous ne voulons pas d’une jeunesse réunionnaise à deux vitesses, et surtout, nous voulons prendre en main notre avenir et pour cela, il faut que les grands discours cessent, il faut que l’on arrête de parler de la jeunesse sans la jeunesse !
Désireux de voir la situation évoluée, nous nous sommes réunis maintes et maintes fois, de jour comme de nuit, afin de réaliser l’analyse que nous faisons aujourd’hui des annonces du Président Sarkozy lors de son bilan des états généraux de l’Outre-mer.
Enfin, le chef de l’Etat reconnait les limites d’un modèle inadapté à La Réunion.
(Fanny DOUANIER)
La jeunesse réunionnaise avait lors des états généraux porté de nombreuses revendications et espérait la prise en considération de ses vœux, au point de monter un véritable projet intitulé « Nou lé kapab » et d'écrire directement au président de la République. Les conclusions de ces états généraux étaient donc très attendues. Après une analyse objective, on constate une volonté de mettre fin aux injustices d’un modèle inadapté à la situation locale mais imposé depuis trop longtemps.
Sur le pouvoir d’achat, le chef de l’Etat reconnait le manque de concurrences dans les DOM et le manque de transparences dans la fixation des prix et des revenus et décide d’encourager la concurrence afin de limiter les monopoles et de renforcer des institutions de contrôle des prix et l'instauration de l'observatoire des revenus.
Dans le domaine agricole, la monoculture apparait comme un frein au développement endogène de l’île et préconise le développement de l'aquaculture, l'augmentation de la production locale dans la consommation locale et d'une manière plus générale le développement des filières agricoles et de la pêche avec un soutien financier à hauteur de 40 millions d’euros.
Nicolas Sarkozy réaffirme la création du CHU et d'un institut de formation aux métiers de la santé et souhaite mettre en place une politique volontariste de prévention et d'éducation à la santé, ainsi que d’augmenter le numérus clausus à la Réunion afin de répondre aux besoins évidents dans le domaine de la santé.
Concernant l'Emploi et la Formation, l'amélioration des institutions en charge de la mobilité, via un développement régional, l'amélioration de la formation sur l'île à travers la promotion de l'université de la Réunion, la lutte contre l'illettrisme, la délocalisation des concours à la Réunion et la priorité donnée aux réunionnais dans l'affectation des postes au sein de quelques secteurs du service publique peuvent permettre une amélioration de la situation si elles sont appliquées dans leur globalité.
A travers ces mesures apparaît enfin la volonté de mettre fin aux injustices qui règnent depuis des années à La Réunion, qui fut pourtant maintes et maintes fois démontrées et dénoncées. Il y a une nécessité de changement étant donné le modèle actuel qui a atteint ses limites, nous devons oser un nouveau modèle.
L'ensemble de ces mesures pourraient être des avancées, nous prenons donc acte de ce qui a été dit mais ne pouvons nous contenter de cela en raison de sujets qui n'ont pas été abordés, de ceux qui doivent être approfondis et parce que nous nous devons de veiller aux modalités d'application de ces mesures : TOUT RESTE A FAIRE !
Pas de réponses à l’urgence sociale.
(Yannick PAYET)
Bien que le Président de la république ait fait le constat de l’urgence et de l’injustice sociale dans les DOM et particulièrement à La Réunion, il n’y apporte néanmoins aucune réponse concrète.
Aucune des 137 mesures annoncée ne répond à l’urgence sociale qui frappe, on le sait, plus fortement la jeunesse.
Toute la jeunesse âgée entre 18 et 25 ans, qui ne sont pas en formation, qui, n’ont aucune ressource, diplômée ou pas, n’ont aucune réponse à leur malaise dans laquelle ils se trouvent et les difficultés dont ils doivent faire face au quotidien. Aucune annonce sur la création d’emploi à court terme.
Le Service Public semble l’un des grands sacrifiés dans ces annonces qui si pour certaines sont nécessaires n’est à aucun moment mentionné en tant que tel.
Pour ne prendre que l’exemple de la lutte contre l’illettrisme qui doit être réduit, a aucun moment il n’est fait mention que cette lutte passera par un renforcement du service public.
Concernant le logement social, l’Etat propose l’attribution de ces terrains gratuitement mais aucune réponse n’est apportée concernant le manque de logements sociaux étudiant, gérés par le service public d’Etat qu’est le CROUS et qui on le sait fait défaut à La Réunion. Le gouvernement oublie de répondre au manque important de logements sociaux pour les jeunes et plus précisément les jeunes étudiants.
La problématique du pouvoir d’achat semble tourner en rond. On réaffirme dans un premier temps des acquis durement obtenus par la mobilisation de milliers de réunionnaises et de réunionnais et qui ne sont pas respectés par certains acteurs. On nous propose encore et encore des études, des observatoires, des enquêtes mais dans les faits la situation ne s’améliore pas.
L’heure n’est plus au constat ! Mais a la concrétisation, où sont les mesures concrètes qui vont nous permettre d’acheter a juste prix ? Notre seule attente ne se limite pas à la baisse du numérique qui ne sera qu’un rétablissement d’une situation d’injustice.
Ces annonces posent un constat maintes et maintes fois démontré et dénoncé, depuis de nombreuses années, que certains ont préféré cacher pour ne pas mettre fin à leurs privilèges, et pour lequel on peut légitimement demander réparation.
Les jeunes réunionnais n’entendent pas devenir la génération sacrifiée ; ils n’accepteront pas de porter toute leur vie le fardeau d'un modèle qui a atteint ses limites et qu'il est urgent de réformer afin de répondre à l’urgence sociale.
Des perspectives vers la construction de l’avenir de La Réunion.
(Gilles LEPERLIER)
L’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion a contribué fortement aux états généraux et il est donc légitime d’attendre des conclusions qui nous sont favorables car c’est bien la jeunesse réunionnaise qui porte La Réunion de demain.
Nicolas Sarkozy, dans son rôle de Président de la République, fixe des orientations pour les départements d’Outre-mer pour les années à venir. Dans son discours et dans ses mesures pour La Réunion, le chef de l’Etat reconnait les limites d’un modèle qui a été imposé en état, sans prendre en considération les spécificités de notre île et qui a accentué les inégalités dans notre territoire. Certaines pratiques sont d’ailleurs qualifiées de « caricatures » par le Président en personne.
Si l’on prend deux problèmes essentiels à La Réunion qu’est la Formation et l’Emploi, on constate que des perspectives nous sont ouvertes mais que tout reste à concrétiser.
Dans le domaine de la Formation, le chef de l’Etat réaffirme la création du CHU et propose l’augmentation du numerus clausus qui est la condition préalable au développement des métiers de la santé dans notre île. De combien va-t-on l’augmenter ? Va-t-on se contenter d’un chiffre au hasard ? ou va-t-on exiger dès maintenant qu’une étude soit faite pour définir le besoin réel en personnels de santé dans notre île afin de pouvoir adapter les formations ?
Avec plus de 110 000 illettrés à La Réunion, cette problématique attire l’attention du chef de l’Etat qui propose une diminution de 50% sur 5 ans. Pourquoi seulement 50% ? Il est urgent de faire de cette problématique une priorité en allant jusqu’au bout de l’ambition et en se donnant les moyens concrets.
On ne peut pas y répondre sans un renforcement de l’encadrement dans le système scolaire et sans une meilleure intégration de l’école dans le contexte local.
Pour ceux sortis du système scolaire, il faut un accompagnement des personnes en difficultés par un service public intergénérationnel et adapté.
Avec le plus fort de taux de chômage d’Europe, et plus d’un jeune sur deux sans emploi à La Réunion, la problématique de l’emploi est sans conteste la principale préoccupation des réunionnaises et des réunionnais.
Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy fait le pas de la priorité de l’embauche aux réunionnais mais se prononce uniquement sur les catégories B et C de la fonction publique. Dans le service public des récents éléments ont prouvé que l’urgence se trouvait dans l’éducation nationale. En effet, sur 1 000 embauches chaque année dans l’éducation nationale, seulement 100 réunionnais sont recrutés !
Ainsi sur les 20 dernières années, 18 000 emplois ont été occupés par des gens venus de l’extérieur et si rien n’est fait c’est autant de postes qui passeront sous le nez des jeunes formés à La Réunion durant les 20 prochaines années !
Nous exigeons que dés la rentrée prochaine des mesures soient prises pour que cette injustice, volontairement cachée aux réunionnais et qui n’a que trop durée, cesse.
Par ailleurs, l’accumulation des heures supplémentaires dans l’éducation nationale prive l’embauche de centaines de personnes. Cette situation aussi doit cesser !
Seulement ces deux mesures, qui peuvent être prises rapidement, permettraient l’embauche de milliers de réunionnais sans que cela ne coûte le moindre euro à l’Etat.
La priorité à l’embauche des réunionnais, en vue des différentes positions des dirigeants politiques locaux, tout parti confondu, semble faire consensus. Il est donc temps de passer à la concrétisation.
C’est pour cela que l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion va dans les jours à venir élaborer une « charte de la Formation et l’Emploi aux réunionnais » qui sera proposée aux élus locaux afin qu’ils s’engagent à mettre tout en œuvre et dans les plus brefs délais pour la Formation et l’Emploi aux réunionnais car il y a urgence à mettre fin à cette injustice sociale, légitimée aujourd’hui par le chef de l’Etat.
Dans les perspectives laissées par le Président de la République, les possibilités d’un réel développement de La Réunion ne se fera qu’avec des propositions audacieuses et concrètes.
C’est pour cette raison que l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion invite toute la jeunesse à une grande rencontre, le dimanche 6 décembre 2009, à « l’étoile du Nord » à St Denis à partir de 9h afin de porter le projet de la jeunesse pour la Réunion mais aussi structurer le mouvement de l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion pour qu’on Aret de coz de la zenés san la zenés !
C’est pourquoi nous invitons l’ensemble des jeunes de la réunion à se rassembler et à apporter leur contribution à ce projet et nous sommes prêts à aller à la rencontre des jeunes jusqu’au 6 décembre et bien au-delà afin d’entendre toute la jeunesse réunionnaise.
Il est temps aujourd’hui de s’organiser afin de concrétiser le projet de la jeunesse ! Nos différents groupes de jeunes continueront leur travail afin que le 6 décembre prochain on puisse présenter les 100 premières contributions du projet de la jeunesse pour l’avenir de La Réunion car « Nou lé kapab ! 1000 projets pour les jeunes réunionnais »