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8 Juillet 2010
En premier lieu, il est presque devenu coutume d'entendre parler de suppressions de postes. Dans le secteur privé, on fait état de « restructurations d'entreprises » ou encore de « délocalisations » pour une main d'oeuvre à bas prix. Dans le secteur public, c'est le « non remplacement d'un fonctionnaire sur deux », les suppressions de postes dans l'Education Nationale ou encore la Justice.
Une partie du PIB est redistribuée aux salariés qui produisent cette richesse.
Ainsi, par exemple, si la richesse produite (PIB) par 10 travailleurs équivaut à 100 Euros, 50 Euros leurs sont reversés.
Mais si on supprime 5 travailleurs, pour cause par exemple de « restructuration », on les remplacent par des machines permettant d'assurer la même production de richesses, seulement 25 Euros seront reversés aux travailleurs.
Puis, le fort taux de chômage décrié tous les jours dans la presse et devenu le grand cheval de bataille de bon nombre de politiciens n'empêche de bien arranger certains. D'un côté, nous avons les out siders, qui cherchent désespérément du boulot, de l'autre les in siders qui ont un boulot mais surtout une peur bleue de le perdre. Au milieu, le patron, qui dispose de ce fait d'une main d'oeuvre plus docile et d'un vivier de femmes et d'hommes prêts à remplacer quelconque travailleur le cas échéant. Aussi et surtout, cette situation de domination du capital sur le travail permet des choix stratégiques comme la stagnation des salaires sans craindre grande révolte.
Selon une étude de l'INSEE en date de 2007, le salaire net moyen n'a pas augmenté en 30 ans, tous secteurs confondus (publics et privés).
Pratique suivante, nous voici fraichement débarqués dans le monde de la « flexibilité » sans avoir à payer plus! Depuis 1980, la proportion des travailleurs à temps partiels est passé de 6 à 18% de l'effectif salariale total et celles des autres formes d'emplois atypiques (intermittence, intérim, etc.) de 17 à 31% du salariat.
Le travail s'adapte donc désormais au besoin du capital. Coupé de toute autre considération, il est devenu malléable à souhait, sur mesure, jetable.
Enfin, puisque les salaires n'ont pas connus véritablement d'augmentations depuis des années, difficile de s'attaquer au salaire net. Mais tout n'est pas perdu pour autant car reste la part des cotisations sociales. Ici, on peut encore agir, via pour ne citer que cela, une réforme des retraites, par exemple.
Vous pensez avoir raté l'épisode de ce que certains appellent le « hold up »? Non, ne vous inquiétez pas, pas d'armes, pas de gestes brusques, tout en douceur, depuis des années, juste le temps de bien faire passer la pilule.
Béatrice LEPERLIER
Sources: Fakir, www.fakirpresse.info