NOU LÉ KAPAB

Association loi 1901, créée en 2009 (contact@noulekapab.com)

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Mme Ledoux "houuu.. houuu… "

C’était une idée bête : déclencher pour de vrai l’alarme incendie dans les entreprises pour protester contre la politique gouvernementale en matière économique. Et pour bien marquer le coup, La Réunion économique qui se trouve à l’origine de cette initiative pour le moins originale voulait profiter de la visite du ministre des Outre-mer pour faire retentir l’alarme. Sauf que, l’action a été programmée pour hier, mercredi, 12h30, alors que Victorin Lurel foulera le sol réunionnais ce matin. Cherchez l’erreur ! L’alarme incendie a donc été déclenchée dans le vide si tant est qu’elle ait été activée puisque nous n’avons rien entendu.

Et si nous, à la Réunion, on n’a rien entendu, ne parlons pas de Victorin Lurel qui, lui, se trouvait quelque part dans le ciel entre l’Afrique du Sud où s’est rendu hier et avant-hier François Hollande, et Paris. Victorin Lurel qui arrive ce matin à la Réunion où il compte bien recadrer certains patrons qui auraient, dit-on, un peu trop tendance à "crier la bouche pleine".

À noter d’ailleurs qu’à l’heure même où les patrons pointent la défiscalisation version Hollande/Lurel, la justice vient de jeter l’éponge dans un gros procès portant justement sur les abus en matière de défiscalisation. Plusieurs dizaines de millions d’euros d’argent public auraient été détournés en l’espace de plusieurs années. Trop compliqué pour le parquet qui a préféré renvoyer l’affaire à une autre fois. On comprend les magistrats : les affaires de viols, de vols, de meurtres sont plus faciles à "gérer" surtout quand les auteurs se livrent eux-mêmes à la police. Tandis que les fraudeurs de la défisc sont plus filous, faut les traquer. Pas évident ! En tout cas, Victorin Lurel ne sera pas en manque d’arguments pour contrer les patrons.

D’ailleurs - est-ce un hasard ? - le plus gros de sa visite sera réservé au chantier de la Nouvelle route du Littoral, soit 1 milliard et 200 millions d’euros de marchés distribués, mardi après-midi, à Vinci, SBTPC et GTOI. Du travail, en veux-tu, en voilà ! Qu’en pense La Réunion économique ? C’était quoi encore les doléances ? L’économie locale va mal ? Lurel va jouer sur du velours avec Didier Robert et Gilbert Annette à ses côtés. Il n’a pas oublié non plus l’entrée Ouest à Saint-Denis. Soit une enveloppe supplémentaire à prévoir pour ce tronçon. Encore du boulot pour les entreprises locales. Sur ce terrain, le ministre des Outre-mer aura à n’en pas douter du répondant.

Sur la régionalisation des emplois de façon globale en revanche, Victorin Lurel aurait pu être destabilisé. On comprend mieux pourquoi il a annulé la rencontre avec le député-maire de Saint-Joseph Patrick Lebreton où il devait être question de la mission gouvernementale portant sur ce sujet. Initialement, cette rencontre était prévue, mais au dernier moment pour cause "d’emploi du temps trop chargé", elle a été zappée. On suppose que c’est surtout pour éviter de mettre de l’huile sur le feu de la polémique qui grandit dans le département depuis la nomination contestée de Mme Claudine Ledoux, maire de Charleville-Mézières, au poste d’ambassadrice déléguée à la coopération régionale dans l’océan Indien.

Une nomination rejetée localement par quasiment l’ensemble des parlementaires et des exécutifs des collectivités toutes tendances politiques confondues. D’où la manifestation de l’Ajfer, de la Réunion debout et de la Commission des femmes du PCR, hier matin, devant l’hôtel Créolia (voir l’article de Juliane Ponin-Ballom en page 14) où se tenait la réunion de la coopération régionale. Mme Claudine Ledoux, proche de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères à qui elle doit sa nomination par piston, est arrivée toute seule comme une grande.

Mais elle s’est fait huer : "Ledoux houuu… houuu". Les élus réunionnais ne comprennent pas pourquoi le gouvernement est allé chercher la maire de Charleville-Mézières qui, en plus avoue elle-même ne pas connaître grand-chose à l’océan Indien et à ses enjeux, pour ce poste alors que le professeur agrégé de géographie Wilfrid Bertile, fin connaisseur des questions de coopération régionale, et qui plus est soutenu par l’ensemble de la classe politique locale, avait postulé. Reste à savoir si nos élus poseront de vive voix la question à Victorin Lurel !

Rappelons que pour la Caraïbe, le gouvernement a nommé un ambassadeur antillais, Fred Constant. Rappelons aussi que pour la SIDR dont le conseil d’administration aura lieu cet après-midi, à Saint-Denis, le ministère des Outre-mer a "pistonné" un des siens à la direction. Mais on prend le pari que ce dernier sera "blackboulé" au profit d’un directeur "autochtone" diplômé de l’Ena. Les élus locaux et la préfecture ont retenu la leçon. Pas question de raviver le "syndrome Ledoux". À compétence égale, embauche locale. Quoi de plus normal dans une île rongée par le chômage et où les jeunes diplômés et qualifiés dans les écoles, voire dans les grandes écoles de la République, ne manquent pas ! Comme dirait l’autre : "Nou lé pas plis, nou lé pas moins…"

Yves Mont-Rouge - Clicanoo - 17 octobre 2013 

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L
Très bon, je valide!
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