Sur une enveloppe de 3,6 millions d’euros, seuls 690.592,00 euros ont été consommés, soit moins de 20% des crédits alloués à ce régime d’aide, ont été utilisés. 1.500 étudiants ont ainsi bénéficié de ce soutien. Ce dernier point, aussi positif soit-il, ne doit pas masquer le fait que 80% de ce budget n’a pas été utilisé. La faible utilisation de cette enveloppe impose d’apporter des modifications au dispositif tel qu’il est aujourd’hui, afin qu’un plus grand nombre de jeunes Réunionnaises et Réunionnais puissent y accéder.
Pour rappel, cette année, les bourses de la réussite présentent deux volets :
- d’une part une allocation de premier équipement, à destination des étudiants qui s’inscrivent pour la première fois dans l’enseignement supérieur,
- d’autre part, une allocation de frais d’inscription (AFI), pour les étudiants non boursiers s’inscrivant pour la première fois dans l’enseignement supérieur.
Cette dernière aide prend en charge, à hauteur de 200 euros, les frais d’inscription quand ceux-ci n’excèdent pas 1.000 euros.
Elle est valable pour les étudiants non boursiers du CROUS qui, contrairement aux étudiants boursiers, ne sont pas exonérés de ces frais.
Budget largement sous-utilisé
Il y a un an, au moment de la mise en place de ce dispositif, les élus de l’opposition alertaient déjà sur les carences des conditions d’attribution de ces bourses. En effet, ces bourses sont strictement réservées aux étudiants primo inscrits dans l’enseignement supérieur. Cette approche ne prend pas en considération le fait qu’à chaque rentrée, tous les étudiants doivent faire face à des dépenses importantes, notamment le paiement des frais d’inscription. Soit une somme de plusieurs centaines d’euros qui pèse très lourdement sur le budget de ces publics.
On sait que les critères d’attribution nécessaires à l’élaboration d’un dispositif — essentiellement des critères financiers, de revenus personnels et/ou familiaux — provoquent des effets de seuil qui excluent un nombre considérable d’étudiants du bénéfice de ce dispositif, souvent à quelques euros près. Il en ressort un profond sentiment d’injustice de la part de ces jeunes.
Aussi, considérant que le budget alloué aux bourses régionales de la réussite est largement sous-utilisé, et considérant qu’il est important, lorsqu’on souhaite aider les jeunes, de le faire tout au long de leur parcours, Béatrice Leperlier a demandé lors de la commission éducation, formation professionnelle du jeudi 7 juillet 2011, que l’allocation de frais d’inscription ne soit plus exclusivement réservée aux étudiants de première année et soit étendue à l’ensemble des étudiants, quel que soit leur niveau de formation.
Cette proposition a été renvoyée par la Commission à la présidence de la Région, pour examen. Les élus de l’Alliance espèrent vivement que cette demande sera prise en compte afin de contribuer à une véritable égalité des chances pour tous les étudiants.
Témoignages, lundi 11 juillet 2011