Association loi 1901, créée en 2009 (contact@noulekapab.com)
23 Septembre 2013
Nous allons finir par l’appeler la nomination qui fâche. Laquelle ? Celle de Claudine Ledoux, le 11 septembre dernier par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, à la fonction d’Ambassadrice, déléguée à la coopération régionale dans le zone Océan indien.
Cette fois-ci, c’est l’AJFER-Nou lé kapab, qui comme son nom l’indique milite pour l’emploi des Réunionnais sur l’île. A leur tour, après Huguette Bello, Ericka Bareigts, et Michel Fontaine, qui avaient écrit au gouvernement afin de réclamer des explications, l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à la Réunion s’adresse au Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans un courrier.
"Cette nomination est révélatrice des discriminations que subissent les Réunionnais dans l’emploi, dans le privé et le public", note Gilles Leperlier, président de l’AJFER. C’est pourquoi le courrier envoyé dénonce une "injustice de cette nomination et du mépris des autorités vis-à-vis des Réunionnais".
"Nous constatons que ce poste, nécessitant des connaissances particulières de notre île et de son environnement, échappe à un réunionnais disponible et compétent", poursuit-il.
C’est notamment afin de discuter ces questions que l’AJFER rencontrera le député-maire Patrick Lebreton ce mercredi 25 septembre. Un député par ailleurs missionné sur l’emploi des ultramarins dans leur territoire, qui devrait aboutir à des mesures du gouvernement en la matière.
Ci-dessous, le courrier de l’AJFER-Nou lé kapab au Premier ministre, dans son intégralité :
"Monsieur le Premier ministre,
Depuis plusieurs années, confrontés à un chômage comparable à aucun autre département, notre association milite pour que les Réunionnais, de plus en plus formés et compétents puissent occuper les postes disponibles sur l’île mais aussi pour qu’ils puissent participer activement au développement de La Réunion, prendre en main leur destin. La Réunion de demain, nous devons l’imaginer et y travailler dès aujourd’hui : les défis sont colossaux. Dans ce processus, il va sans dire que notre environnement géographique tient une place majeure.
Ces thématiques ont régulièrement été évoquées au plus haut niveau de l’Etat, qu’il s’agisse de votre majorité ou de celle qui vous a précédé. Les nombreuses déclarations n’ont pas manqué de susciter de l’espoir, avec celui notamment, de voir la situation évoluer. La Réunion ne pourra pas se construire durablement sans les Réunionnais.
Ce n’est pas sans surprise et indignation que nous apprenons la nomination de Madame Claudine Ledoux, Ardennaise, à la fonction d’Ambassadrice, déléguée à la coopération régionale dans la zone l’Océan Indien.
Dès 2009, à la suite des Etats généraux de l’Outremer, le conseil interministériel a préconisé d’agir pour « permettre l’émergence d’une fonction publique plus représentative du bassin de vie qu’elle administre ». Cette orientation s’est suivie de la circulaire du 23 Juillet 2010 allant dans le même sens.
En Avril 2012, le rapport de Monsieur Bédier sur la place des ultramarins dans la fonction publique de l’Etat outre-mer a dressé un premier bilan concluant à des mesures jugées « insuffisantes » notamment en ce qui concerne l’affectation des domiens sur les postes à responsabilités.
L’emploi des Réunionnais, engagement de campagne, engagement désormais du Président de la République, engagement également de l’ensemble des députés Réunionnais et d’une majorité des élus locaux.
Début 2013, le député, Monsieur Patrick LEBRETON, s’est vu confié une mission sur l’emploi des ultramarins. Alors que le rapport est attendu dans les semaines qui viennent il est déjà entaché sur la forme, ce dernier refusant systématiquement le dialogue social, pourtant fer de lance de votre majorité.
Monsieur le Premier ministre, si nous sommes bien conscients que les différentes luttes ont permis quelques avancées dans des domaines précis, notre indignation atteint des sommets lorsque nous constatons qu’une fois de plus, un poste à responsabilités, nécessitant de surcroît une connaissance particulière de notre île et de son environnement, échappe à un Réunionnais disponible et compétent.
Nous ne pouvons être d’accord avec le choix que vous faites aujourd’hui : nous aurions parié sur les compétences locales alors que vous pariez sur les compétences continentales. Nous relevons également une nouvelle fois, le décalage entre les paroles et les actes.
Ce dossier pose évidemment les questions d’emplois des Réunionnais, de représentativité des ultramarins, de la construction de l’avenir de La Réunion dans son environnement géographique, de respect de circulaire en vigueur mais aussi des engagements pris au plus haut niveau de l’Etat et surtout ce dossier fait appel à une question de « bon sens ». Nous estimons de la plus haute importance de reconsidérer cette nomination.
Dans l’attente d’une réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre plus haute considération."
Clinanoo.re - 22 septembre 2013