NOU LÉ KAPAB

Association loi 1901, créée en 2009 (contact@noulekapab.com)

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1- Nourriture et Alimentation

La Réunion compte plus de 800.000 habitants sur Lune île qui possède une Surface Agricole Utilisée (SAU) de près de 47.389 hectares, soit 18 % de la surface totale de l’île. Nous importons plus de 50% de produit alimentaire, ce qui nous rend dépendant de l’importation hors département. Celle-ci correspond à 50% des légumes, 40% des viandes de volailles, 60% des viandes bovines et 33% des fruits.


La Réunion devra nourrir un million d’habitants et trouver des moyens d’importer plus, à un coût moindre. La Réunion n’est donc pas exempte d’une grève de la faim, car le simple blocage des docks entraîne une pénurie alimentaire qui met en exergue la dépendance de l’île aux aliments venus de l’extérieur.


En raison des caractéristiques géographiques de La Réunion, nous ne pouvons pas produire l’ensemble de notre consommation sur l’île, d’une part parce que tout n’est pas cultivable à La Réunion, d’autre part parce que l’espace y est beaucoup trop restreint. De plus, nous sommes bien conscients que nous évoluons dans un contexte de mondialisation et de circulation libre des marchandises.


Cependant, des marges de manœuvres restent possibles et doivent être utilisées pour assurer au mieux les besoins de la population. En premier lieu, il s’agit de continuer à développer, à accompagner les filières locales (production animale, notamment). Ce qui nécessite, une politique de protection des espaces agricoles.


De plus, il est important de se lancer dans des filières de production adaptées à notre situation géomorphologique. Ici, la mer et ses ressources est une piste qui est à prendre au sérieux. Enfin, la politique alimentaire basée en partie sur la production locale doit être accompagnée de mesures incitatives en faveur de la consommation des produits locaux.


D’ailleurs, la production bio commence peu à peu à se développer dans l’île, celle-ci devra être soutenue et aidée pour que La Réunion ne soit plus la dernière en matière de production agricole biologique. D’autant plus que l’île possède les espaces et les produits au développement de cette agriculture biologique.


La Réunion possède des partenariats avec les pays de la zone Océan Indien dans divers domaines notamment la culture, la formation et l’éducation. Mais pour les besoins alimentaires qui ne peuvent pas être satisfaits au niveau local, ces partenariats devront se développer en matière de production et consommation, dans une démarche qui ne doit pas se faire selon un rapport de domination mais bel et bien de co-développement où chaque partie intervenante y trouverait son compte.


Production Locale


La production locale ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années mais reste insuffisante pour répondre aux besoins de la population qui elle-même continue et continuera d’augmenter. De plus, la production de canne à sucre occupe 59% du SAU et malgré cette présence massive sur le sol réunionnais, celle-ci ne permet pas aux cultivateurs de vivre correctement. Face à la disparition des usines locales au profit de compagnie internationale, les cultivateurs de canne à sucre sont lésés, car dépendant des prix fixés sur le marché international, sans prise en compte des spécificités réunionnaises. La canne à sucre reste une production importante pour La Réunion, elle doit donc être soutenue et développée pour que la tradition ne se perde pas et que La Réunion puisse exporter ses denrées.


De même, les filières animales (bovine, avicole), sont dépendantes de l’importation. La filière bovine est affaiblie à La Réunion, à cause des importations qui représentent 3.600 tonnes contre une production locale de 1.810 tonnes. La Réunion possède les terres pour cultiver et élever des bovins, il est donc nécessaire de relancer la production locale bovine pour la viande et le laitier dont la production locale est de 20.879.000 litres contre 21.949.000 tonnes importées, d’où le prix élevé du lait au supermarché.


La flambée des prix des denrées alimentaires de base dans le monde, a également des répercussions sur la hausse des prix à La Réunion. Ce constat a été fait dans les supers et hypermarchés de l’île qui ont le monopole du marché local.


Développer la production locale et le co-développement peut éviter la hausse des prix, et la possibilité d’une grève de la faim. En effet, en 2030 nous franchirons le million d’habitants. Cela pose la question du coût de la vie qui n’arrêtera pas d’augmenter avec l’augmentation des matières première, il est aujourd’hui important pour les consommateurs et les producteurs de se tourner vers une agriculture contrôlée car avec une surface agricole qui ne sera pas déclassée (passage de la terre cultivable en zone constructible) pourquoi ne pas invertir dans nôtre avenir en nous aidant de même car ceci créerait de nouveaux emplosi sur une île qui compte plus de 50% de chômage.


NOS PROPOSITIONS

 

De la production locale existante

  • Dresser un bilan des terres disponibles, tant pour l’agriculture que pour l’élevage.
  • Mettre en place des mesures de protection des terres disponibles
  • Soutenir, encourager, développer les filières qui répondent aux besoins vitaux de la société réunionnaise
  • Mettre en place une stratégie de localisation des terres disponible afin de définir les différentes cultures possibles
  • Favoriser la démultiplication des espaces de cultures sur tout le territoire.

Des filières à développer

  • Le domaine de la pêche et de l’aquaculture, fortement soutenu par l’Union Européenne à travers la Politique Agricole Commune.
  • Mise en place de centres de formations destinés aux métiers de la mer ainsi que l’anticipation de l’ensemble des métiers pouvant y être rattachés, cela va de la confection du bateau au produit fini)
  • La qualité des produits locaux devra être améliorée en terme de packaging, de production, qu’il s’agisse des produits biologiques, du respect de l’environnement ou encore des conditions de travail décentes dans lesquelles ces produits ont été réalisés, afin de faire face à la concurrence.
  • La recherche et l’innovation doivent être soutenues afin d’apporter une rentabilité aux produits créés à La Réunion
  • Inciter aux gestes durables chez les agriculteurs
  • Développer l’agriculture dans l’ouest de l’île notamment depuis la fin du chantier de basculement des eaux.

Du co-développement

  • Trouver des besoins communs entre chaque pays de la zone Océan Indien et du monde
  • Définir les denrées que nous pouvons trouver dans les pays de la zone Océan Indien (viande et fruits en Afrique du Sud, terres cultivables à Madagascar)
  • Établir des accords de partenariats sur la base d’un fournisseur de denrées en échange d’un investissement réunionnais quant aux installations nécessaires à la culture mais aussi en échange de savoir-faire technologiques et innovants

De la consommation de la population

  • Accentuer la promotion des produits locaux par différents dispositifs telles que la création de labels, des campagnes d’information expliquant l’importance de consommer local et donner la priorité sur les publicités aux produits locaux
  • Création d’un réseau parallèle de consommation où les producteurs et les consommateurs soient en contact direct. Au-delà de renforcer les liens, cela permet de rester fidèle au principe de proximité entre les personnes résidentes à La Réunion
  • Favoriser la consommation des produits locaux dans les restaurations communes qui elle-même doivent être encouragées
  • Encourager la mise en place de potagers, individuels ou communs, afin de permettre à chacun de cultiver quelques denrées et de soutenir la solidarité entre les habitants
  • La mise en place d’un principe de potager commun peut permettre aux personnes en recherche d’emplois, mais qui ne souhaitent pas rester sans rien faire, de souscrire à une activité d’intérêt général et de revalorisation

Divers

  • Le prix de fabrication d’un produit doit être connu de tous
  • Désalinisation de l’eau de mer pour l’arrosage agricole et privé
  • Un point mensuel sur l’évolution des prix, dans un langage populaire doit être fait, ainsi que l’estimation d’un ensemble de produits considérés comme de première nécessité.
  • Fixer un prix de référence à ne pas dépasser, permettrait en cas de crise d’entraîner le gel des prix au seuil maximal indiqué
  • La distribution de bons alimentaires doit être encouragée et faite en cas de grande précarité. Celle-ci doit être mieux encadrée.
  • Valoriser et développer l’éducation à la gestion d’un budget au sein des foyers.
  • Les bons alimentaires ne devront plus être gérés par les CCAS, mais des délégations pourraient être données à des banques alimentaires ou à des associations sous le concept d’ « épicerie sociale »
  • L’importation et la consommation des produits à haute valeur nutritionnelle doivent être favorisés, à la fois par des étiquetages adéquats, accompagnés par des campagnes de sensibilisation sur le sujet
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