NOU LÉ KAPAB

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Association loi 1901, créée en 2009 (contact@noulekapab.com)

Ils veulent une priorité pour les policiers péi

Au nom du collectif informel des "fonctionnaires ultramarins", le policier Fabrice Boucher se joint à l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion. Ils invitent à manifester dimanche devant la préfecture pour réclamer d’autres règles de mutations.


Fonction Publique 


ajfer-police-conf_ajfer_fly_1_96120.jpg"Il y a des drames humains" certifie Gilles Leperlier, président de l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion. Pourtant, dans la police comme dans le reste de la fonction publique, le concours national est un gage d’équité et les mutations devraient pouvoir contenter tout le monde. Eh bien non, "c’est très complexe".


Béatrice Leperlier, soeur de Gilles et conseillère régionale (Alliance), énumère les différents modes de mutations dans la police. "D’abord la mutation "normale" qui était accordée avant 2002 en fonction de l’ancienneté des demandes. Mais depuis 2002, la priorité est accordée à l’ancienneté administrative". En gros, un policier métropolitain qui a 25 ans de carrière sera prioritaire sur un Réunionnais plus jeune qui demande depuis 10 ans à rentrer dans son île.


Le deuxième mode de mutation se passe sous forme de contrats de trois ans, avec un an renouvelable, ce qui aboutit à des séjours de quatre ans. Ces contrats ne sont pas accessibles aux Réunionnais. Après ces quatre ans de séjour, un non-Réunionnais peut demander à rester (c’est la "fidélisation") s’il a des intérêts matériels et moraux dans l’île : une famille, une maison en construction...


Le troisième mode de mutation intervient sous forme de dérogations pour raisons médicales ou sociales (enfant malade, par exemple). Mais la machine se dérègle, selon l’Ajfer et le collectif informel des "fonctionnaires ultramarins" (*). Fabrice Boucher, porte-parole du collectif, détaille : "Cette année, il y a 21 mutations à La Réunion dont une seule à l’ancienneté : il faut maintenant 25 ans de carrière dans la police pour être affecté dans l’île". Sept autres mutations sont obtenues sur dérogations. Les treize autres (la majorité) sont des contrats accordés à des fonctionnaires non réunionnais.


Comme les 1000 points des enseignants


Fabrice Boucher, policier réunionnais en poste dans le 93 (Seine Saint-Denis), ne mâche pas ses mots : "Nous voulons revenir au fonctionnement d’avant 2002 qui accordait la priorité selon l’antériorité des demandes". Avec l’Ajfer, M. Boucher demande aussi que les Réunionnais puissent bénéficier de contrats et de la "fidélisation" qui s’ensuit. "Nous demandons l’égalité des mutations envers les fonctionnaires ultra-marins", insiste le policier, qui s’appuie sur la circulaire Penchard de 2010.


À la sortie de l’école, les policiers doivent respecter un "contingentement" : ils restent obligatoirement 8 ans en métropole avant de demander une mutation. Selon Béatrice Leperlier, il est injuste que ces 8 ans se transforment dans les faits en 25 ans, alors que dans l’île, 60 à 70 % des policiers sont des "non-originaires". Fabrice Boucher conclut : "Nous demandons un système de bonification comme celui des 1000 points des enseignants. Et nous invitons à la mobilisation ce dimanche 12 août à 14h30, devant la préfecture au Barachois". 


Véronique Hummel. Cliczanoo.re, 8 août 2012. Lien 


(*) Les "fonctionnaires ultramarins" ont ouvert une page Facebook.

 

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