NOU LÉ KAPAB

Association loi 1901, créée en 2009 (contact@noulekapab.com)

Ensemble pour sauver La Réunion du désastre

Par Correspondant, Témoignages, Lundi 30 août 2010,  Lien

 

vote-motion-0cf6b.jpgPari tenu pour l’Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté (ARCP) : il y avait foule hier sur la place de la Mairie de Saint-André. Un rassemblement dont les mots d’ordre s’adressent aux Réunionnais dans leur plus grand nombre, tous menacés par l’effondrement qui menace l’économie et la société réunionnaises.

 

Pas une voix de parlementaire réunionnais ne doit manquer pour dire "non" à la réforme des retraites, c’est une des décisions de l’Assemblée populaire tenue hier à Saint-André. (photo Imaz Press Réunion)

 

Entre 1.500 et 2.000 personnes s’étaient rassemblées hier devant la Mairie de Saint-André pour le premier meeting organisé par l’Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté (ARCP). Une réunion placée sous le signe de l’urgence extrême, alors que la crise menace tout l’édifice économique et social du pays. La dépression économique frappe un pays déjà écrasé par la pauvreté, dont 52% des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

 

Catastrophes annoncées

 

Un fléau auquel s’ajoute le chômage, qui touche 38% des Réunionnais et, pire encore, la moitié des jeunes en âge de travailler. Effets de la crise économique, politique du gouvernement et orientations de la nouvelle Direction de la Région se conjuguent pour aggraver au maximum cette situation. En 12 mois, le chômage a augmenté de 15%. Les grands travaux qui auraient permis d’atténuer les effets de la crise ont été supprimés par Didier Robert, qui restera dans l’Histoire comme celui qui a privé La Réunion d’un plan de relance déjà cadré et financé lors de la crise la plus grave de l’histoire économique. Parallèlement, le gouvernement impose la pire des politiques réactionnaires, en attaquant les plus démunis via un plan de rigueur généralisée, dont la “réforme” des retraites constitue le volet le plus visible.

 

Le rassemblement est en marche

 

Personne ne peut le nier : La Réunion court aujourd’hui vers un désastre qui n’épargnera pas le plus grand nombre. Car en-dehors de la masse des plus pauvres, les travailleurs, les diplômés et les fonctionnaires sont eux aussi dans le collimateur des politiques gouvernementales… et en-dehors d’un nombre très réduit de privilégiés, personne ne peut espérer échapper au rouleau compresseur de la casse sociale.

Face à un péril qui menace l’immense majorité des Réunionnais, seuls pourront payer la résistance du plus grand nombre et un élan général vers des solutions plus justes. Tel est le message qu’ont voulu transmettre hier ceux qui se sont relayés à Saint-André.

 

Tous concernés

 

Un regard à l’assistance permettait d’ailleurs de comprendre que l’élargissement du combat est déjà en marche. Chômeurs, planteurs, travailleurs du secteur public et du secteur privé, mais aussi étudiants, hommes et femmes, tous les présents partagent les mêmes sentiments : ras-le-bol devant l’injustice sociale ; révolte, face à un pouvoir qui annonce qu’il va écraser la population. Désir d’être respectés et de pouvoir vivre et travailler décemment à La Réunion. « On dirait que le Réunionnais n’est bon que pour payer », nous dit cette habitante de Saint-André, qui avoue « ne plus pouvoir s’en sortir ». Et pourtant, elle travaille… D’autres parlent des retraites des planteurs, de 300 euros à peine. Un montant qui est presque une insulte, face au scandale de la vie chère. Et il y a ceux qui n’ont pas de retraite du tout…

 

Parler d’une seule voix

 

Des liens de solidarité se tissent dans les petits groupes qui discutent : ici, c’est une jeune étudiante réunionnaise qui s’entretient avec un gramoun. Là, un chômeur et un employé commentent les propos des orateurs. « Abolir la pauvreté », « résister », « se battre », « embauche des Réunionnais »… lancés par les orateurs, tous ces termes font mouche auprès des participants, des jeunes comme des anciens, des chômeurs comme des travailleurs. Et c’est ensemble qu’ils ont levé les mains pour approuver les motions présentées par Jean-Hugues Ratenon, lançant des États-généraux dans les quartiers populaires de notre pays. Et c’est d’une seule voix qu’ils ont exigé de tous les parlementaires réunionnais qu’ils rejettent le projet de réforme des retraites indignes, nouvel acte de vandalisme social du gouvernement.

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