NOU LÉ KAPAB

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Association loi 1901, créée en 2009 (contact@noulekapab.com)

Dispositifs européens sur l’emploi : quelle mesure pour La Réunion ?

Nous vivons aujourd’hui une crise économique et financière qui n’exclut pas l’Union Européenne, où le chômage touche près de 26,4 millions de personnes, dont principalement les jeunes, qui représentent au sein de l’UE le double de celui constaté pour la population active.

 

Aujourd’hui, 5,5 millions d’européens de moins de 25 ans sont sans-emploi. Les Régions Ultrapériphérique (RUP), dont La Réunion fait partie, sont les plus touchées.

 

En France, les prévisions ne sont pas réjouissantes et le pays fait partie des Etats où le taux de chômage est le plus élevé avec 25,7% en juin 2013, soit une hausse de 1,5 point en une année.

 

Les mesures annoncées et prévues par le Gouvernement auront des effets à court terme, mais ne donneront pas de perspectives stables aux jeunes (100.000 emplois d’avenir, contrat de génération, …) Il est à rappeler qu’en France, en 30 ans, nous avons essayé 80 mesures différentes pour l’emploi des jeunes, mais aucune n’a permis de freiner la courbe du chômage.

 

Face à cela, la Commission Européenne a décidé de mettre en place des mesures spécifiques pour lutter contre le chômage des jeunes, appelées Stratégie Europe 2020, afin que la jeunesse ne soit pas une « génération perdue ».

 

Pour se faire, un fonds a été créé « Initiative pour l’Emploi des Jeunes » (IEJ) pour financer la mise en place de la Garantie pour la Jeunesse, dont les trois axes sont :


- la mise en place d’un programme d’intervention systématique en faveur des NEETs (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire)

- le développement de l’alternance à tous les niveaux

- le développement de l’esprit d’entreprises chez les jeunes

 

A La Réunion, la dernière enquête de l’INSEE met en exergue une augmentation du découragement, avec 23% des chômeurs en 2011, devenus inactifs en 2012. Un découragement, qui apparaît plus fortement chez les demandeurs d’emplois de longue durée, mais aussi par l’inadéquation entre la formation et la réalité du marché du travail. 2 millions de postes sont vacants au sein de l’UE et 73 millions devraient être à pourvoir au sein de l’UE, d’ici 2020, en raison des départs à la retraire.

 

Il y a urgence à agir et à bien agir.

 

La Garantie Jeune de la France a trois aspects :


  • cibler les NEETs,
  • le contrat d’engagement réciproque avec une allocation de 483 euros, ainsi que la formation et l’emploi
  • la mise en place d’une commission pour décider des entrées et sorties.

 

Le fonds alloué pour cette Garantie Jeune est de 570 millions. Selon les critères imposés par la Commission Européenne, seules 12 régions de France seraient éligibles à l’IEJ, ce qui représente 300.000 jeunes bénéficiaires.


  • Champagne Ardenne
  • Picardie
  • Haute Normandie
  • Centre
  • Nord-Pas-de-Calais
  • Aquitaine
  • Auvergne
  • Languedoc-Roussillon
  • Guadeloupe
  • Martinique
  • Guyane
  • Réunion

 

Pourquoi l’expérimentation mise en place dès septembre 2013 par le gouvernement ne concerne que 10 départements, quand il y en 12 éligibles ? 

 

La députée socialiste Ericka Bareigts a demandé, le 29 juillet à l’Assemblée Nationale que « La Réunion soit choisie comme territoire expérimental pour la Garantie Jeunes », alors que d’après le Rapport d’information publiée le 9 juillet dernier, les Régions et Territoires d’Outremer sont éligibles à l’IEJ par Etat membre. Arèt taz a nou !

 

L’Etat français a décidé de concentrer ses crédits pour la période 2014-2020 sur les exercices 2014-2015, soit 5 milliards, c’est une bonne chose car cela permet d’agir sur l’emploi des jeunes et d’être un levier immédiat pour faire face à l’urgence de la situation.

 

Mais il doit aller jusqu’au bout de l’initiative et être beaucoup plus ambitieux. La Réunion connait un taux de réussite au Bac de 80% le mois dernier, nous devons donc être à la hauteur des attentes de notre jeunesse, qui arrive sur le marché du travail.

 

Nous préconisons :

 

 - au préalable, de détecter les NEETs et les réinsérer dans le système, 

- d’améliorer la lisibilité pour les jeunes et les employeurs, 

- d’adapter les formations en fonction des besoins réels de l’île, 

- de développer les services d’aide à la création d’entreprises, 

- d’améliorer le niveau de stages, 

- de développer l’apprentissage et l’alternance

 

Pour cela, nous proposons la mise en place d’un Service Unique de la formation, de l’orientation, de l’insertion professionnelle et de la mobilité. Ce service devra rassembler l’ensemble des acteurs et être accessible à tous les jeunes pour un véritable accompagnement.

 

Nous pensons que cela doit se faire à l’issue du collège pour permettre une meilleure orientation et donner aux jeunes des possibilités d’alternance. De plus, nous préconisons une orientation obligatoire à la 3ème, avec un suivi personnalisé, pour éviter le décrochage scolaire et assurer une insertion professionnelle efficace.

 

Des pays de l’Union Européenne ont mis en place des dispositifs favorisant l’apprentissage et l’alternance et on constate des résultats positifs. Par exemple, en Allemagne, sur 38,7 millions d’actifs, 59 % sont issus de l’apprentissage.

 

Dès le 1er janvier 2014, l’UE va mettre en place un réseau européen des services publics de l’emploi. Il est indispensable de créer un Service Unique de l’Emploi en France, d’autant plus que 55% des offres d’emploi ne passent pas par le Pôle Emploi à La Réunion.

 

Enfin, il faut aider les jeunes à créer leurs entreprises, à travers des pépinières d’entreprises, dépendantes des fonds structurels, de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). 

 

Concernant la mobilité, nous apprenons dans le communiqué de presse de Chantal Berthelot que les moyens dédiés aux jeunes d’outremer dans les domaines associatifs, éducatif, culturel et sportif seront doublés via le Fonds d’échanges à but éducatif, culturel et sportif (FEBECS).

 

Pour conclure, nous pensons qu’il faut une stratégie plus ambitieuse pour la France et les Départements d’Outremer afin de lutter contre le chômage des jeunes. Il faut pour cela changer les choses pour mettre en place un système efficace.

 

Cela passe par la création d’un Service Unique de la formation, de l’orientation, de l’insertion professionnelle et de la mobilité pour pérenniser les dispositifs, un Service Unique pour l’Emploi, l’aide à la création d’entreprise mais surtout une expérimentation sur les 12 régions éligibles, et non les 10 prévues par le gouvernent. Car quels seront les deux départements miz de côté, c’est inadmissible, dans le contexte que l’on connaît actuellement.

 

Il en va de la responsabilité de nos parlementaires, députés et sénateurs, de sensibiliser le gouvernement et de faire des propositions pour la déclinaison d’un plan répondant aux attentes des jeunes face au chômage. 

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